Cartes Postales de tourisme balnéaire .... (24 juillet 2026 - 116 km)
La canicule continue...un mélange de nuit tropicales et de températures excessives dès la fin de matinée... Je me souviens il y a une quarantaine d'année , on se plaignait déjà lorsque le thermomètre dépassait les 33 °C. C'était plutôt " les vieux" (combien 50 ans ?) qui, par définition, ne supporte pas la chaleur (ni le froid). Il n'y avait que très peu de clim mais on s'organisait. Mes parents partaient en Normandie.
Ils sont tous au ciel ou ailleurs maintenant cette génération de la guerre mais que penseraient-ils de nos 38 à 39 °C quotidiens depuis 2 mois ? Et de ces 27°C à la pointe du jour au creux des paraboles ?
J'ai découvert, cet été, qu'en roulant on pouvait réinventer la clim. Par adaptation mentale et physique certainement. Je trouve que rouler sous haute température est faisable si on est hydraté en continu. J'arrive maintenant à comprendre que les coureurs du tour de France augmentent leur moyenne d'étape en corrélation directe avec la température. On doit leur fournir de l'eau à discrétion et sans discuter.
Que faire en plat pays sous canicule alors que même les montagnes s'effondrent et que l'on suffoque à Chamonix ? Que dirait Frison Roche ou Bonatti de l'incroyable et merveilleux massif fermé tout l'été pour cause d'éboulements ?
Il reste le tourisme balnéaire.
Quand tu ne peux plus, que tu es à bout, il reste ça.
Pascal (Lometti) depuis de nombreuses années tentent de m'initier à cette pratique. Il ne me force pas, il suggère en m'envoyant fréquemment des photos de flamands roses, de couchers de soleil sur les lagunes vers l'Espiguette, de pistes cyclables le long du littoral, de restos à rascasses au milieu des filets, de hérons encore plus immobiles qu' idiots. Il a connu aussi Popeye comme moi, le capitaine " hisse et haut " de Palavas les flots. D'ailleurs en aparté, je ne comprends toujours pas pourquoi Popeye a été enterré à Montbazin. Une humiliation. Montbazin quand même... On se serait moqué de lui toute sa vie ? On ne l'aurait jamais pris au sérieux ?
Moi j'aurais jeté son cercueil au large de Palavas, à l'endroit le plus profond, (disons 20 m sur les bancs d’huîtres sauvages) avec force marins postés sur des barges et au garde à vous. Tous habillés en bleu marinière. Avec une fanfare militaire qui joue du Polnareff (DJ Ibiza ?).
Le tourisme balnéaire dit de retraités ou de congés payés. Un mélange de douceur et de mélancolie. Un endroit où tu prends en photo ce que tu manges pour l'envoyer aux enfants. On peut en faire facilement par chez nous en dépassant à peine les 100 bornes aller retour.
Si je voulais d'ailleurs, par un rituel qui ressemble à celui que je pratiquais du temps du confinement covid, j'irai tous les matins boire un café au Palavasien. Si, si ! N'avais je pas en 2020, par discipline de survie, escaladé 110 fois le château de Montferrand ? (Je rappelle, pour mesurer la chose que la majorité des Montpellierrains même de souche - et grande bouche - n'y sont jamais monté de leur vie à ce château, c'est comme pour le sentier des 4000 marches...).
Le confinement thermique pousse aux rituels balnéaires.
Pascal lui utilisait cette arme plutôt en hiver pour éviter le froid des Cévennes et rester dans les douceurs de Noël. C'est pareil. On peut le faire aussi en été car la mer ignore les climats des arrière pays à figues sèches qui tuent les cigales et engendre les geckos translucides en guimauve de l'atlas, elle tempère les choses et calme les agités.
De plus sur les digues, il y a souvent un petit air et ça c'est bien.
Allez j'ai mon petit chemin qui sent la noisette (il faut arroser les noisetiers dans le sud sinon pas de fruit comestible), il passe par "Petite Bruyère" (nord de Lunel) et longe le canal (sud de Lunel) pour retrouver les pyramides de la Grande Motte. Je ne m'arrête pas içi parce que ces constructions bétonnées d'après guerre sont trop récentes, sans charme et les géométries sont de mauvais goût. Mais qui rêve donc de Pyramides au nord de la Méditerranée à part peut-être un Ricardo Bofill avec des comptes offshore qui vit au nord du Canada ?
Le moment sublime où je m'installe au Grau du Roi face à la digue arrive. C'est là, devant mon café allongé que je vais écrire quelques cartes postales.
Personne ne le fais plus. Et je réalise que je ne le faisais plus depuis de longues années. J'avais renoncé moi aussi, ils m'avaient transformé. Je m'abstenais de le faire. A quoi bon ! Un selfie c'est mieux non ?
Ben non. On ne compulsera rien du numériques plus tard, il n'en restera rien. Comme nous mais avant nous quand même je pense.
Ecrire une carte postale c'est quoi ?
En ces moments un peu étranges de variations subis et pourtant prévues, fomentées, organisées voulues, il faut réintroduire la discipline, l'investissement et les joies qui y sont associée. Il faut semer. Il faut envoyer. Un envoi physique.
La carte postale c'est le fameux papillon du chanteur Michel Berger...
Je t'envoie mes images...
Je t'envoie mes voyages...
Je t'envoie mon décor...
Je t'envoie comme un papillon à une étoile...
Quels en seront les destinataires ?
Ceux là ils ne savent pas leur bonheur...
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