Nîmes et son urbanité incompréhensible… (15 juillet 2026 - 115 km )
Il ne faut jamais aller vers Nîmes. Avec ces temps nouveaux et sous des chaleurs inédites (prédites par de nombreux sages depuis des décennies), on sombre vers cette ville comme attiré par un astre bien lourd, inerte. Le cycliste, satellite fiévreux, est pris en main par le champ gravitationnel de toutes les Carthagènes pour s'écraser rapidement sur des étendues arides, sèches, inhumaines, sans âme… L'aire d'attraction de Nîmes est dite définitive et sans retour. Comme une malédiction, elle s'étend au-delà du pic Saint-Loup…Il faut rester attentif aux sirènes.
J'avais déjà écrit deux petits billets sur cette ville dans mon blog. Ils avaient déjà en commun cette température insolente (à records) et ces nuits tropicales.
À y être, comme dirait l'autre, et comme on va tous griller, autant (en) finir à Nîmes…
Le 23 juillet 2019, avant notre ère post-covid, j'y étais allé voir les jeux du cirque (le Tour de France). Une approche instable au milieu de structures bétonnées, un appontage violent au centre-ville. On a tellement de mal à voir la piste.... Je ne sais plus qui avait gagné l'étape ce jour-là, sous 40 degrés Celsius et à 43 km/h…
Aujourd'hui, comme les températures ont encore augmenté (et plutôt pas diminué la nuit), les coureurs professionnels, très arrangeants avec l'organisation et les médias, roulent plus tard et plutôt à 48 ou 50 km/h. Il paraît que le matériel a encore progressé. Ce n'est pas la masse du vélo qui diminue mais d'autres trucs qui augmentent... Les stages en altitude sont aussi la norme et l'alibi. On envoie les coureurs dans le cosmos pour s'écraser plus tard dans les garrigues façon missiles de croisière.
Le 16 juin 2021, je proposais aussi un café-blog. Un moment de calme face aux arènes. Mon post n'était pas si optimiste que cela (à le relire) car Nîmes l'inaccessible te mettait déjà en face de réalités décevantes. Je pourrais écrire exactement les mêmes choses aujourd'hui, faire du copié collé. Au fond (dans le sens profondeur), le fond n'a pas changé.
Cinq années après, je propose quoi de croustillant ?
Deux choses :
Une réflexion d'abord sur l'Urban Trail de Nîmes (course lente pédibus).
La population française dans son ensemble ayant découvert la course à pied après les confinements de guerre, il est proposé de nombreuses prestations pour assouvir la demande dite exponentielle. Les courses ne se déclinent plus sur les routes stricto sensu. L'humanité ayant progressé, on propose maintenant des voies vertes, des pistes cyclables, du monotrace. De façon récente est apparu le bitume à déjections canines entre deux lampadaires… Une histoire de sécurité, coureurs bien encadrés au milieu des poubelles.
Nîmes, ne dérogeant pas à la règle de l'adaptation moderne pour télétravailleurs blindés, propose son Urban Trail. Le fameux NUT (Nîmes Urban Trail) qui est moins accessible que les Nuts de notre enfance (confiserie calorique délicieuse).
Le summum aujourd'hui, c'est donc de courir en ville. Si tu peux y ajouter quelques plumes plantées dans ton postérieur ou d'autres déguisements, ce serait magnifique et surtout plus branché pour les selfies sur Strava. Une cour des miracles éphémère se met en place.
Je veux vous parler ici d'un "braquage en règle financier" sous couvert d'associations (loi de 2020) qui consiste à te faire payer l'inexistence de prestations. En gros tu prends la foule qui se balade dans la ville régulièrement un samedi et à chaque individu tu demandes des dizaines d'euros de péage. Ils continuent à se balader mais disons officiellement. S'il peuvent se dépêcher de circuler, c'est mieux.
59 euros pour 40 km ! ( c'est moins cher que Paris qui te prend 140 euros pour la même distance, je le reconnais),
39 euros pour 20 km !
33 euros pour 16 km ! (on est à 2 euros du km et c'est toi qui cours, il faut préciser),
28 euros pour 10 km (presque 3 euros du km, magnifique).
Je ne parle pas des ravitos inexistants, vegan, équitables avec ta gourde et ta timbale et tout le reste. Ce qui n'existe pas est toujours plus cher en mercatique dite de Sulitzer.
Il y aurait même une randonnée dans la ville (qui t'appartient, c'est ton jardin d'imposable) pour 28 euros !! Ce serait pour payer les monuments ? Tu visiterais donc un musée ? Comment visiter en courant et sans tomber ?
Autres choses de rigolotes (rigolotes triste), ce sont les modalités numériques d'inscription. Le summum. On organise une prévente qui permet peut-être et pourquoi pas de s'inscrire plus tard si tu as pu bien évidemment te préinscrire et s'il reste des places… Les urbains connectés vont pouvoir se placer dans les starting-blocks. Feu !
Si tu veux avoir une toute petite chance supplémentaire d'en être, on te propose une action magnifique. On parle ici de solidarité urbaine de marécage. Il suffirait de s'inscrire au BUT pour mettre de façon certaine dans les cages. BUT = Béziers Urban Trail…
Deux pour le prix d'un. Braquage de deux banques en simultané.
Béziers, mais je crois vous en avoir parlé aussi de cette ville est solidaire ! Là aussi le mobilier urbain à petites foulées se mérite. Aller courir dans Béziers, mais dites-moi que je rêve.
Je me souviens (à la Barbara) d'un 10 bornes le long du canal du Midi à proximité de la butte (BUT ?), on y était allé pour se qualifier pour les France. On a d'ailleurs échoué pour raison de picolage la veille.
Pour revenir (on dit finir) à Nîmes, les courses enfants sont payantes maintenant : 7 euros !
Du jamais vu. Médailles en papier de Madagascar, de circuit à peu près court, promises à l'arrivée. Je rappelle qu'au trail de la Vanoise la médaille de l'arrivée est devenue payante !
Hé les jeunes, écoutez-moi bien ! Ne vous laissez pas faire !!!
Une petite tirade en première partie fait toujours du bien. Passons à autre chose.
2 - Revenons maintenant à notre virée du jour.
Échaudé par mes passages de 2019 et 2021, j'aurais pu en rester là s'il n'y avait cette promesse. L'entrée sud de la ville serait enfin prenable sans construire un cheval de Troie. Il paraîtrait que la voie verte se prolonge maintenant de Caveirac pour enfin aboutir au centre.
Je suis curieux et joueur et prêt à corriger quelques lettres, sur une ligne ou deux de mes textes si l'information est vérifiée et réelle.
Une Nîmes enfin prise sans effort par une belle porte accueillante !
J'y vais. Mon côté Ulysse.
Il va de soi qu'il fait chaud et surtout au nord de la France et la nuit. Soit tu te couches au milieu des moustiques tigres et des geckos, derniers migrants à la mode, soit tu roules.
Moi je roule.
À l'entrée de Sommières, il y a déjà ce ciel marron qui indique l'incendie prévu par Barjavel… Le niveau du Vidourle est bas, mais là c'est normal. Fluctuat depuis toujours. Plus loin sur la voie verte, un arbre en travers ?! Un signe ? Il faut rentrer ? Heureusement ils ne me font pas payer la voie verte, mais pour combien de temps ?
| Où sont les incendies ? Partout. |
| On m'avait pourtant dit de ne pas passer... |
Voilà le Caveirac. Je trouve rapidement la prolongation promise en traversant la route.
Et comme prévu, après quelques petits kilomètres, je suis rejeté inexorablement sur le périphérique de l'hôpital pour finir vers Pissevin et Valdegour… les fameuses cités bien fumantes.
Une femme marche au bord de la voie express, elle est intégralement habillée de tissus très sombres (noir à taupe), obèse, et en plein cagnard… C'est ça la burqa ? Un vêtement de plage ? Ce seraient les peuples du désert qui nous montrent ce qu'il va nous arriver bientôt ? Nous avons bien trop dormi jusque là. Il faudra bien un jour s'occuper des températures et des glaciers.
Je retrouve le café de la Bourse qui est un des derniers établissement qui tient debout devant les arènes. Il sera aussi bientôt vestige d'une civilisation disparue après les Romains et le reste.
Je remonte le boulevard. Le café Napoléon, je ne lui donne pas 5 années avant de disparaître par renoncement et abandon (il semble délabré, terne, triste, non entretenu – le café Kebab turc adossé à lui semble plus opérationnel). Le café Olive est fermé… À suivre.
| Café blog. Rien ne s'améliore... |
Je ne vais pas rentrer par le même chemin, ce serait épuisant. J'avais encore forcé la porte, on ne repasse pas par une porte forcée… On m'avait pourtant parlé d'un pont-levis sans octroi mais c'est à l'opposé de l'esprit de Nîmes et de ses crocodiles qui guettent aux jardins de la fontaine.
Un peu de vitesse m'aidera à ventiler le corps et les neurones. Moi je roule.
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