Sean Kelly a dit oui... ( Paris Nice - Du 22 au 27 avril 2026 - 1030 Km total - 1/2)

 

Paris-Nice cette année est sous le signe géographique du Connemara. Une terre âpre, froide et difficile, favorable aux caractères bien trempés. Pour réussir ce parcours, il faut être en forme assez tôt (avril) avec une recherche optimisée de nombreux bivouacs et ne pas oublier que l’on est encore loin des saints de glace.

Sean Kelly, cycliste professionnel des années 70-80 fut un modèle de posture et de discipline pour moi. Un “sacré gaillard” que j’ai suivi en spectateur sous le règne du grand maître Bernard Hinault, dernier vainqueur français du tour.

C’était un des “durs au mal” de l’époque. 

Il avait en particulier dompté les route de Paris-Nice et tous ses adversaires à 7 reprises (et de façon consécutive !). 

La récidive nous parle et sans ouvrir la bouche.

Les commentateurs d'aujourd’hui devraient le remettre un peu dans la lumière et oublier surtout “le bambin rival” (l’autre Irlandais, Stephen Roche) qui, à l’heure des bilans, ne fut, comparé à Sean, qu’une petite météorite de passage.

Le clin d’œil à Sean Kelly est évident pour moi.

Je vais réaliser mon 7ᵉ Paris-Nice cette année. Une façon de lui rendre hommage.

Je me sens très proche de ce personnage, surtout dans les moments délicats où il faut un peu convoquer le mental.

On parlera aussi, mais une autre fois, d’un certain Roger Devlaminck que j’ai apprécié aussi. Pensez à me le rappeler.



1) Emballé, c’est pas pesé…

Que de kilomètres parcourus dans les trains avec le vélo “sac poubelle” !

Je me demande d’ailleurs si je n’attends pas parfois la réflexion du contrôleur pour en rire. À la frontière d’une infraction hypothétique, je suis prêt à discuter, négocier et j’ai des arguments.

- Il est à vous le vélo ? Il faudrait une housse, là ce sont des sacs… Ce n’est pas emballé !

- Si, si c’est emballé, vous ne voyez pas du tout le vélo…Comment savez vous que c'est un vélo ? C’est ce que vous demandez, non ?

- Comme ça, sans les housses, on peut avoir un accident…

- Ah bon, pourquoi ?

- Bon, ça va pour cette fois…

- Merci, Monsieur (vous êtes bien brave).

Dans les trains Inoui, on ne peut pas réserver pour les vélos, ils doivent être seulement emballés comme des bagages. C’est ce que le contrôleur trouve inouï d’ailleurs.

Dans les Ouigo, même si tu as payé les 5 euros, tu vas parfois nulle part car il n’y a pas de place pour le paquet. C’est alors plutôt : “Oui, don’t go.”


2) Notre-Dame est de retour…


Notre Dame brûlé, Notre Dame reconstruite, Notre Dame libérée…

Cela fait du bien de retrouver le monument avec ses légendes de Victor Hugo. Arpenter l’île de la cité, c’est retourner aux ages médiévaux. On pourrait croiser Esmeralda à tout moment.

J’y vais pour la photo. Il y a déjà la queue pour les touristes. J’y reviendrai plus tard pour apprécier le travail des artisans, des ouvriers de France, des architectes des monuments historiques.

Je ne trouve pas le point zéro des routes de France, espèce de bornes entre les pavés, je crois que les touristes la piétine derrière ces barrières.


3) Passion TGV

En sortie de Montereau je finalise une demi-étape étant parti vers 13h. Un des mes grands plaisir c’est de croiser mon TGV du matin qui tous les quart d’heure file vers le sud ou le nord.

J’ai toujours tenté de voir la statue de Napoléon qui symbolise la ville en montant à Paris.

A vélo désormais, régulièrement je m’arrête pour voir passer la rame lancé à toute vitesse... C’est très grisant. C’est une beauté d’avancement.

La vitesse a une action sur mes cellules et mon cerveau. Depuis toujours. Je rêve de vitesse comme beaucoup d’autres d’immobilisme.





4) Bivouac en jardin d’enfant



Les jardins d’enfants sont des lieux de bivouacs de qualité. La nuit les bambins dorment et les adultes n’ont rien à y faire. Il y a parfois de l’eau. Celui-ci est sympa car au fond il y a quelques arbres pour éviter la rosée du matin. Le lendemain matin on peut s’assoir sur un banc (spécial adulte) et y faire son petit déjeuner. Efficace.

5) Belle fontaine calvaire



À Saint-Florentin (Bourgogne), je fais mon pique-nique devant une magnifique fontaine. L’occasion pour moi de penser à une photo de qualité avec les quelques fleurs des municipaux. Je me prends pour un photographe. Il faut savoir s’arrêter quelques minutes.

6) Chablis – Clos les Grenouilles.



Pour un œnologue, une arrivée à Chablis par le nord ne peut laisser indifférent. On peut y apprécier des croupes en coteaux qui ne sont pas encore en végétation. Le débourrement vient à peine de commencer. C’est la Bourgogne originelle et froide. Rien à voir avec celle du secteur de Beaune, plus loin, que je vais rejoindre le lendemain.


Il y a encore les bougies dans les vignes. Surtout pour les grands crus qu’il faut protéger du gel. Le prix des bouteilles relève de la spéculation comme pour certains premiers crus. Je stoppe devant le clos emblématique des Grenouilles (avec Preuse, Valmur… etc.) qui donne, selon les sommeliers, les meilleurs Chardonnay du monde À définir. C’est à voir.

7) Installation

Je stoppe à Chablis pour un petit café. L’occasion de faire une photo particulière avec de la profondeur dans la vitrine d’un caviste.

À rapprocher de celle de Santiago de Compostelle qui concernait plutôt des antiquités…

Un jeu de réflexions (optiques) en abyme qui peut procurer quelques frissons.





8) Camion pizza de Marseille en Bourgogne…



Le soir, je décide d’ignorer Semur-en-Auxois et me laisse envelopper par la nuit doucement. Il va falloir pourtant se ravitailler, ne pas faire d’erreur.

À St-Thibaut, il y a un camion pizza. Il est pas loin de 21 h, c’est le coup de feu. Génial. Je suis prêt à être patient si on élabore une belle pizza. Une reine.

Que nenni ! Il n’y a déjà plus rien. Le patron a juste nourri quelques potes avec désormais qui il “tchatche” comme un Marseillais.

Personne ne me calcule. Cela tombe bien, à ce jeu je suis très performant. Je les ignore totalement et prends mon temps pour me mettre en configuration nuit. Si on me parle, je ne réponds pas. Je vais pousser jusqu’à Pouilly. Deux barres énergétiques vont suffire pour trouver là-bas un ravito et un bivouac avec des gens plus sympathiques et accueillants.


9) Bourgogne, le vignoble de référence ?

Me voilà à l’issue d’une côte monumentale référencée à arriver sur la seconde Bourgogne, celle plutôt du commerce moins rustique mais pas plus protégée du froid et de la grêle. Les côtes de Nuit et de Beaune. Ici l’orientation est plutôt à l’est vers le soleil levant, le Jura, la Russie…

J’y ai des souvenirs de voyage et de visites avec mes élèves de BTS (apprentis en Viticulture-Oenologie).



10) La rencontre de Golf Juliet, ex-Sariste de luxe des Diagonalistes.

J’improvise une rencontre in extremis (fidèle à ma furtivité) avec Gilbert Jaccon, créateur des Eurodiagonales, et plein d'autres choses...

Nous avons noué depuis toujours une relation étrange, mélange de respect et d’étonnement pour chacun d'entre nous. Nous serions aux antipodes l’un de l’autre ? Qui a dit ça ? Quand bien même. Les contraires s’attirent et se nourrissent de la diversité.

Peut-être que Gilbert aurait aimé être moi et moi être Gilbert. On cherche toujours nos parties manquantes chez les autres. Mais sans jalousie avec du respect et même un peu d'affection. 

L’occasion de boire un café et de se dire que tout cela n’est pas grave et que c'est même bien. Golf Juliet bien que “rangé des voitures” croise régulièrement ma route.

Souvent je me dis que ce n’est pas seulement par hasard ou provocation. C'est une nécessité.

Je joins ici le lien de son site internet si vous voulez mieux le connaitre.

http://www.gilbertjac.com/



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